Au décès de mon père Bernard en 2016, je lu un de ses textes à la cérémonie d'incinération. Il s'intitule "Mon Testament". Celui-ci à été merveilleusement composé et chanté par mon ami Pierre au piano. C'est avec joie que je vous invite à l'écouter. 
Le deuil, sous toutes ses formes, représente la pierre angulaire de « l’être-là » et de son devenir. Expérience de rupture, il nous dit comment les relations avec l’autre et avec soi nous font ou nous défont. Le deuil est un medium, propice à une renaissance. En prise 
avec l’ombre et la lumière, il peut ouvrir un chemin vers soi. 
MON TESTAMENT

Quand je pass’rai l’arm’ à gauche
Au term’ d’un’ vie de débauche
Ne me fait’ donc pas le coup
De m’ passer cravate au cou
Et mêm’ à titre posthume
Dispensez moi de costume
Je veux êtr’ habillé mort
Comm’ si je vivais encore
Qu’on puiss’ aller dégoiser
Que je m’ suis embourgeoisé
Je pourrais pas l’endurer
Je crois bien qu’ ça me tuerait

Tant que je suis bien portant
Encor’ un truc important
Auquel tout à coup je pense
Evitez donc la dépense
D’un cercueil capitonné
N’en soyez pas étonnés
Mais quand j’ s’rai chez Lucifer
J’aimerais bien tant qu’à faire
Ne rien laisser au hasard
Et m’ fair’ passer pour Lazare
Parc’ qu’ici aux mauvais riches
Il paraît qu’on brûl’ les miches

Autre chos’ je voudrais pas
Sous le choc de mon trépas
Qu’on oublie d’ se rappeler
Que j’ veux pas de chapelet
De crucifix ou de croix
Aucun symbole de foi
Qui donnerait à penser
Qu’ juste au moment de clamser
J’aurais fait ma conversion
Moi qui n’avais qu’aversion
Pour toutes ces conneries
De foutues bondieuseries

Pour finir, et là, j’y tiens
Pas d’enterrement chrétien
Et que ce brave curé
Vienne pas me torturer
Avec ses sermons débiles
Ses paroles d’évangile
Ils s’ront déçus ceux qui pensent
Qu’un désir de repentance
Ou la peur d’ mourir peut-être
Me f’rait désirer qu’un prêtre
Vienne me casser les couilles
Enfin, cell’s de ma dépouille

Refrain :

Ceci est mon testament
Qu’on me transforme en diamant
Qu’on m’ congèl’ qu’on m’incinère
Ou tout bêt’ment qu’on m’enterre
Je m’en tape de première
Mais à mon heure dernière
Ayez au moins la bonté
D’ respecter mes volontés
Car si c’était pas le cas
J’ vous promet bien du tracas
Des soucis et pas des moindres
Quand vous viendrez me rejoindre

Bernard.

Auto-portrait dessiné par Bernard.

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